La prime nationale de 100 € pour les nouveaux conducteurs n'existe plus : l'État l'a supprimée le 1er janvier 2025. En 2026, il n'y a donc plus de chèque automatique à demander. Il reste en revanche trois pistes réelles : le forfait mobilités durables de votre employeur, les incitations de votre collectivité, et un tarif de trajet moins élevé dès le départ. Cet article explique chacune, avec les montants et les démarches.
En bref
- La prime covoiturage nationale (25 € au premier trajet, 75 € après dix trajets) a été supprimée au 1er janvier 2025. Aucune aide directe de l'État aux particuliers ne l'a remplacée.
- Pour le trajet domicile-travail, le forfait mobilités durables (FMD) peut prendre en charge jusqu'à 600 € par an dans le privé, mais votre employeur doit l'avoir mis en place.
- Dans la fonction publique, le FMD atteint 300 € par an à partir de 100 jours de covoiturage ou de vélo.
- Les vraies primes se jouent désormais à l'échelle locale : renseignez-vous auprès de la collectivité qui organise la mobilité sur votre territoire.
Table des matières
- Ce que la prime covoiturage était, et pourquoi elle a disparu
- Le forfait mobilités durables, la principale aide en 2026
- Les aides locales : là où se trouvent les vraies primes
- Comment savoir quelle aide vous concerne
- Faire baisser le coût sans attendre une prime
- Notre point de vue : une aide qui ne tient pas seule
- Trajets solidaires : une aide qui ne passe pas par l'argent
- Les erreurs à éviter
- FAQ
- Sources
Ce que la prime covoiturage était, et pourquoi elle a disparu
Lancée en 2023 dans le cadre du plan national pour le covoiturage du quotidien, la prime visait les trajets de moins de 80 km. Le conducteur touchait 25 € après son premier trajet, puis 75 € après dix trajets réalisés en trois mois, soit 100 € au total, d'après le ministère de la Transition écologique.

Le dispositif a pris fin le 1er janvier 2025. Depuis, aucune aide financière directe de l'État n'est versée aux particuliers pour débuter dans le covoiturage. Si vous voyez encore passer des articles promettant « la prime de 100 € en 2026 », ils sont périmés ou mal informés.
Ce qui a changé, c'est la méthode. Selon l'Observatoire national du covoiturage, l'État soutient maintenant l'incitation de façon indirecte, en cofinançant à 50 % des campagnes menées par les collectivités. L'aide ne passe plus par un guichet national, elle dépend de l'endroit où vous habitez et où vous roulez.
Le forfait mobilités durables, la principale aide en 2026
Si vous covoiturez pour aller travailler, le forfait mobilités durables est l'aide la plus solide à votre disposition. Il couvre le covoiturage, que vous soyez conducteur ou passager. Ce n'est pas une prime au carburant : c'est une indemnité forfaitaire liée à la régularité de votre trajet domicile-travail, ce que précise l'administration de la fonction publique.
Dans le secteur privé : 600 € par an, si l'employeur le décide
Selon Service-Public Entreprendre, l'employeur peut prendre en charge vos frais de covoiturage, exonérés d'impôt et de cotisations sociales dans la limite de 600 € par an et par salarié. Ce plafond monte à 900 € par an si le forfait se cumule avec le remboursement de votre abonnement de transport en commun.
Le mot clé est « peut ». Le dispositif est facultatif : l'entreprise le met en place par accord collectif ou par décision unilatérale, et rien ne l'y oblige. Le montant versé est celui que votre entreprise fixe, dans la limite du plafond.
Le même portail constate que le forfait reste sous-utilisé, précisément parce que l'initiative revient à l'employeur. Sa recommandation est simple : ne pas attendre que la direction y pense. Parlez-en à vos représentants du personnel ou à votre CSE, qui peuvent porter la demande.

Dans la fonction publique : jusqu'à 300 € par an
Pour les agents de l'État, de la territoriale et de l'hospitalière, la fonction publique prévoit en 2026 une indemnité de 300 € par an, à condition de covoiturer (ou de venir à vélo) au moins 100 jours dans l'année sur le trajet domicile-travail. Si vous n'atteignez pas ce seuil, le montant est modulé :
| Jours de covoiturage ou de vélo par an | Indemnité annuelle |
|---|---|
| De 30 à 59 jours | 100 € |
| De 60 à 99 jours | 200 € |
| 100 jours et plus | 300 € |
Le versement est exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. Le seuil de 100 jours est ajusté selon la quotité de travail, donc un agent à temps partiel n'a pas à le atteindre en entier.
Quels justificatifs fournir ?
L'attestation sur l'honneur est le justificatif que la plupart des employeurs acceptent. Il existe aussi des preuves de trajet issues de plateformes de covoiturage ou du Registre de preuve de covoiturage, utiles pour sécuriser une demande. Gardez donc l'historique de vos trajets : il vous évitera de reconstituer vos dates en fin d'année.
Les aides locales : là où se trouvent les vraies primes
C'est le point que beaucoup de lecteurs ratent. Le soutien financier au covoiturage dépend aujourd'hui presque entièrement de la politique de votre commune, de votre intercommunalité, de votre département ou de votre région.
Les collectivités peuvent subventionner tout ou partie des trajets, comme l'explique l'Observatoire du covoiturage. Concrètement, cela prend la forme de trajets gratuits ou à prix réduit pour les passagers, ou de primes pour les conducteurs, sur un territoire et pour une durée définis.
Deux précisions utiles :
- Vous ne demandez pas cette aide à l'État. Le cofinancement passe par la collectivité, et vous en profitez le plus souvent automatiquement, au moment de la réservation, via les tarifs des plateformes partenaires de votre région.
- Ces campagnes ont une durée limitée. Une aide présente un trimestre peut disparaître le suivant, d'où l'intérêt de vérifier avant chaque rentrée.
Pour savoir ce qui existe chez vous, commencez par le site officiel covoiturage.gouv.fr et par le site de la collectivité qui gère les transports de votre territoire (l'autorité organisatrice de la mobilité). Une recherche du type « covoiturage » suivi du nom de votre agglomération ou de votre département donne souvent la réponse en deux minutes.
Comment savoir quelle aide vous concerne
Selon votre situation, la bonne porte d'entrée n'est pas la même.
- Vous êtes salarié du privé et vous covoiturez pour aller travailler. Demandez à votre service RH ou à votre CSE si l'entreprise a mis en place le forfait mobilités durables. Si ce n'est pas le cas, proposez-le.
- Vous êtes agent public. Comptez vos jours de covoiturage : le palier de 30 jours ouvre déjà droit à 100 €.
- Vous êtes étudiant, retraité ou sans employeur. Le forfait ne vous concerne pas. Tournez-vous vers les campagnes de votre collectivité, et vers des trajets dont le prix est déjà bas. Notre guide du covoiturage étudiant détaille cette piste.
- Vous cherchez à vous déplacer pour une raison de santé. Le trajet solidaire, décrit plus bas, peut répondre à ce besoin. Voir aussi notre article sur le covoiturage et le handicap.
- Vous conduisez et vous voulez être « payé ». Rappelons qu'un conducteur ne fait pas de bénéfice : il partage des frais. Le barème forfaitaire de l'administration sert à évaluer simplement le coût d'un déplacement.
Faire baisser le coût sans attendre une prime
Une prime se mérite, se justifie et peut s'arrêter. Un prix de trajet plus bas, lui, joue à chaque déplacement. C'est l'angle sur lequel nous travaillons chez Voyaj.
Voyaj est une application de covoiturage qui met en relation des passagers avec des conducteurs vérifiés qui font déjà le trajet. Le tarif est fixe par passager et, selon nos données, 34 % moins cher en moyenne que sur les plateformes classiques. Les conducteurs partagent leurs frais sans en tirer profit, et le paiement se fait de façon sécurisée dans l'application. Vous réservez, vous payez le prix annoncé, sans surprise à l'arrivée.
Le système de vérification d'identité, les avis, le code d'embarquement et la possibilité de faire suivre votre trajet par un proche complètent le dispositif. Pour réserver ou proposer un trajet, rendez-vous sur Voyaj.
Notre point de vue : une aide qui ne tient pas seule
Nous voyons la fin de la prime nationale avec lucidité. Elle avait un mérite : faire essayer le covoiturage à des gens qui n'y auraient pas pensé. Mais elle récompensait surtout le conducteur, pas le passager, et elle ne changeait rien au prix que le passager paie à chaque trajet.
Ce que nous constatons dans notre activité, c'est que les personnes qui restent dans le covoiturage le font pour deux raisons : le prix est juste, et la confiance est là. Un tarif fixe par passager, sans bénéfice pour le conducteur, retire l'ambiguïté qui gêne beaucoup de gens : « combien dois-je vraiment payer, et à qui profite l'argent ? ». Un contrôle d'identité strict pour tous retire l'autre frein, celui de monter avec un inconnu.
Nous croyons aussi que l'aide la plus utile est celle qui sert un besoin précis. Nos conducteurs peuvent offrir des trajets solidaires, par exemple pour un rendez-vous médical. Aucune prime nationale ne finançait cela, et pourtant c'est là que le covoiturage change concrètement une journée. Notre conseil : cumulez ce qui existe (le forfait de l'employeur, les campagnes de votre territoire) avec un prix de départ déjà bas, plutôt que d'attendre une prime qui ne reviendra peut-être pas.
Quant aux collectivités et aux organisateurs d'événements, ils disposent d'un levier que le particulier n'a pas : prendre en charge tout ou partie des trajets de leurs publics. C'est le sens de nos offres de partenariat avec les collectivités et de notre page dédiée à votre événement.
— Jonathan
Trajets solidaires : une aide qui ne passe pas par l'argent
Sur Voyaj, un conducteur peut choisir d'offrir un trajet à quelqu'un qui en a besoin, par exemple pour un rendez-vous médical. Le passager ne paie pas, le conducteur fait simplement un geste de solidarité sur un trajet qu'il effectuait déjà. Ce n'est pas une prime, mais pour une personne qui renonce à des soins faute de moyen de transport, l'effet est immédiat.
Ce fonctionnement s'ajoute aux outils de sécurité habituels de l'application. Les trajets restent soumis à la vérification d'identité, et un proche peut suivre le déplacement.
Les erreurs à éviter
- Chercher « la » prime nationale. Elle est supprimée. Vous perdriez votre temps sur des formulaires qui n'existent plus.
- Croire que l'employeur doit payer. Le forfait mobilités durables est facultatif dans le privé. Sans accord ou décision de l'entreprise, vous n'avez rien à réclamer.
- Confondre forfait et remboursement de carburant. Le forfait récompense la régularité d'un mode de transport alternatif. Il ne rembourse ni l'essence ni l'entretien.
- Oublier les justificatifs. Gardez une attestation sur l'honneur ou l'historique de vos trajets, surtout si vous visez un palier en nombre de jours dans la fonction publique.
- Ignorer les aides locales. Elles changent d'un territoire à l'autre et dans le temps. Vérifiez à chaque rentrée.
FAQ
La prime covoiturage de 100 € existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. Le ministère de la Transition écologique indique qu'elle a été supprimée le 1er janvier 2025, et aucune aide directe de l'État aux particuliers ne l'a remplacée. Les aides qui restent sont le forfait mobilités durables et les incitations locales.
Quelle aide pour le covoiturage domicile-travail en 2026 ?
Le forfait mobilités durables. Dans le privé, il est plafonné à 600 € par an en exonération, et 900 € s'il se cumule avec l'abonnement de transport, mais seulement si votre employeur l'a instauré. Parlez-en à votre CSE ou à votre service RH.
Quelle est l'aide pour les agents de la fonction publique ?
L'indemnité peut atteindre 300 € par an, à partir de 100 jours de covoiturage ou de vélo sur le trajet domicile-travail. Elle est de 100 € entre 30 et 59 jours, et de 200 € entre 60 et 99 jours. Le versement est exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux.
Comment trouver une aide financière au covoiturage près de chez moi ?
Consultez covoiturage.gouv.fr et le site de la collectivité qui organise les mobilités sur votre territoire. Ces campagnes locales, cofinancées par l'État via le Fonds vert, prennent la forme de trajets gratuits, de tarifs réduits ou de primes pour les conducteurs. Elles ont une durée limitée : vérifiez qu'elles sont toujours actives avant de compter dessus.
Sources
- Covoiturage : informations à connaître, ministère de la Transition écologique
- Forfait mobilités durables, Service-Public Entreprendre
- Forfait mobilité durable, fonction publique
- FAQ du forfait mobilité durable, fonction publique
- Campagnes d'incitation financières, Observatoire du covoiturage
- Registre de preuve de covoiturage
